Ce 5 décembre, à l’approche du sommet de Copenhague, un collectif de 11 associations écologistes ont renoué avec la vieille tradition du charivari, qui consiste à occuper l’espace sonore publique. Ainsi, des flash mob ont été convoquées à travers le monde à 12h18 (retournement du 18/12 date de clôture du sommet) pour “faire du bruit pour le climat” avec grand renfort de casseroles et autres ustensiles.
Une occasion pour évoquer l’importance de ce rite carnavalesque qui consistait au Moyen Age à huer publiquement des veufs, des veuves ou des nouveaux mariés. L’étymologie du mot, attesté dès le début du XIVème siècle, se rapporte au mal de tête (caribaria). Le terme “noise” du moyen français associe le bruit à la querelle et la protestation par diverses expressions encore en cours comme “chercher des noises à quelqu’un”. C’est aussi la racine de “noise” an anglais.
On se rappellera une illustration étonnante de l’association entre bruit et violence sociale notamment avec la fameuse révolution des casseroles qui ébranla l’Argentine en 2001-2002.
Si la littérature ethnologique est assez abondante sur le lien entre le charivari et les rites de remariages, l’intrusion du bruit comme mode d’expression sur la scène internationale et dans la globalisation culturelle (par exemple, la campagne “make some noise” d’Amnesty international pour le Darfour en 2007) reste encore à étudier.
décembre 9, 2009 à 3:40 |
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