Musique, activisme et révolution

août 11, 2012

A l’occasion de l’ampleur politique mondiale prise par la performance du groupe d’activiste russe Pussy Riot qui a réussi un des plus gros buzz de l’année, peut-être avec l’aide de quelques attachés de presse discrets, en se livrant à une « prière punk » anti-Poutine dans la cathédrale du Christ Sauveur, saint des saints de l’orthodoxie moscovite, Foreign Policy publie un papier intéressant sur les relations entre groupes musicaux et révolution.

Dans le cas des Pussy Riot, tout y est : angélisme des demoiselles activistes, énorme écho sur internet, discours violemment anti-Poutine, religion, blasphème, journée mondiale de soutien, inquiétude des démocraties, David Cameron, Madonna et Aurélie Filippetti… un vrai cas d’école.

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The Voice of China

août 11, 2012

Nouvelle déclinaison du télé-crochet « Star academy », seul format télé que les américains aient acheté à une société française (Endemol) et non l’inverse, cette fois en Chine. Dans la guerre des titans que se livrent le millier de chaînes de télévision chinoises et l’opérateur historique CCTV, « Voice of China » et ses programmes de rattrapage en ligne est un enjeu exceptionnel.

Festivals rock et compétition économique internationale

octobre 13, 2011
Les enfants du rock sont-ils en train de se transformer en requins du business ? Depuis quelques années, la concurrence entre festivals de rock oblige certains organisateurs à recourir aux techniques de marketing les plus agressives. Le Journal de l’Intelligence Economique de France 24 d’Ali Laïdi s’est penché sur ce nouveau business dont le slogan pourrait être « faîtes la guerre économique et pas l’amour ». Invité : Pierre Gueydier
Par Victoire Meynial

Avec 48 festivals cet été, la compétition entre festivals devient rude. Et elle n’épargne pas les festivals historiques comme les Eurockéennes de Belfort (dans l’est de la France). Avec pourtant 23 éditions à leur actif et 90 000 spectateurs cette année, le co-programmateur du festival rock le reconnaît: les temps sont de plus en plus difficiles pour les festivals qui doivent se battre et redoubler d’astuces pour attirer le plus de spectateurs.

Signer de gros chèques est de plus en plus la méthode utilisée par certains organisateurs pour se démarquer de leurs concurrents et attirer le plus grand nombre de stars. Et pour cause, le prix des stars est soumis comme n’importe quel produit à la loi du marché de l’offre et de la demande. Avec un nombre de festivals croissant chaque année, il faut donc mettre les moyens. C’est la voie qu’a emprunté le festival Main Square d’Arras (nord de la France) qui se déroule d’ailleurs le même week-end que les Eurockéennes. Piloté par la multinationale américaine Live Nation, leader mondial dans l’organisation de concert, il a rassemblé cette année plus de 100 000 festivaliers pour un budget total tenu secret. Sa tirelire sert à se payer des artistes en exclusivité, histoire de se distinguer des concurrents. Ce qui implique que ces artistes ne peuvent aller jouer ailleurs. C’est ainsi que le festival a monopolisé le groupe britannique Cold Play pour toute l’année 2011.

Malgré cette concurrence financière, de nouveaux venus ne renoncent pas à se lancer dans l’aventure. C’est le cas de Musilac à Aix-les-Bains en Savoie. En 10 ans d’existence, le festival a su s’imposer dans la région Rhône-Alpes. Et le succès est au rendez-vous : 80 000 festivaliers en 2011. 4 fois plus que lors des premières éditions. Pourtant ce n’était pas facile d’attirer sur scène des artistes comme Morcheeba, Santana, Ben Harper ou PJ Harvey qui apprécie les petits festivals locaux. La chanteuse anglaise admet que « l’industrie du spectacle se transforme rapidement avec d’un côté les gros festivals et de l’autre les festivals locaux. Mais au final, le public est là pour la musique ».

Une vision peut-être un peu angélique alors que le triptyque business, sex and rock’n roll est en train de s’imposer de plus en plus.

Source : France 24

L’Orchestre national de Palestine fait ses débuts

janvier 3, 2011

L’Orchestre National Palestinien, qui comprend quelque 40 musiciens, a joué sa toute première série de concerts vendredi à Ramallah, en Cisjordanie occupée, samedi à Jérusalem-Est pour finir à Haïfa (nord d’Israël), où vit une importante communauté arabe israélienne.

« Aujourd’hui un Orchestre, demain un Etat », a affirmé Suhail Khoury, directeur du Conservatoire national de musique Edward Saïd (du nom de l’intellectuel, essayiste et musicologue palestino-américain décédé en 2003), pépinière de la musique classique et traditionnelle palestinienne.

« Aujourd’hui, nous sommes témoins de la naissance de l’Orchestre national palestinien à un moment où la lutte palestinienne pour l’indépendance traverse une de ses phases les plus critiques et difficiles », a souligné M. Khoury dans le programme des concerts.

« La tâche de rassembler des musiciens palestiniens afin d’ajouter une nouvelle pierre à l’édification d’un Etat palestinien indépendant a été une tentative très difficile », a-t-il ajouté.

« Nous, musiciens, sommes persuadés qu’un Etat ce n’est pas seulement des bâtiments et des routes, mais, et c’est le plus important, des gens, leurs valeurs, leurs arts et leur identité culturelle », a plaidé M. Khoury.

Au programme: le concerto roumain de Gyorgy Ligeti, du Mozart et la symphonie No 4 de Beethoven. Chaque concert a commencé par l’hymne national palestinien –rarement entendu à Jérusalem-Est et plus encore en Israël– devant des salles combles et debout.

Source : AFP

Abba tente de sauver le Nation branding suédois

septembre 24, 2010

La réputation mondiale de la Suède passait pour un cas d’école de Nation branding, avec ses Ikea, son système éducatif, son libéralisme, sa tolérance, sa fibre écologiste. Le dernier résultat électoral en date a passablement ternie cette admirable image en donnant une percée historique de l’extrême droite. Mais Abba, le groupe pop planétairement connu icône de la swedish touch, a tenté de sauver la face en interdisant, à grand bruit, au mouvement d’extrême droite Parti du peuple danois d’utiliser son tube Mamma Mia pendant des réunions.

«Nous avons appris que le Parti du peuple danois avait utilisé la chanson Mamma Mia alors qu’Abba interdit que sa musique soit utilisée à des fins politiques», a déclaré un responsable de Universal Music à Stockholm, Olle Rönnbäck. «Nous leur avons dit de cesser immédiatement et le parti nous a répondu qu’il n’utiliserait plus la chanson», a-t-il ajouté. Le parti d’extrême droite utilisait la chanson en modifiant Mamma Mia en Mamma Pia, en l’honneur de son chef Pia Kjaersgaard. La chanson a été jouée au cours de réunions internes dans les bureaux de la direction du parti, et non au cours de réunions publiques, mais Abba a considéré qu’il y avait néanmoins un contexte politique. Olle Rönnbäck a assuré que le parti, contacté par e-mail, avait immédiatement reconnu sa faute et s’était excusé. De son côté, Universal considère l’affaire comme classée, a-t-il ajouté.Abba connut une renommée mondiale en remportant le concours Eurovision de la chanson en 1974 avec Waterloo. En mars dernier le groupe suédois est entré au Rock and Roll Hall of Fame de New York.

(Source AFP)

Dance battle dans les rues d’Ebron

juillet 17, 2010

Dernier buzz en date, une dance party d’une patrouille israélienne dans les rues d’Ebron. Sur le hit Tik Tok de Ke$ha, six militaires israéliens se trémoussent assez maladroitement, filmé d’un balcon par un de leur co-religionnaire. Visionnée plusieurs millions de fois sur les différentes plateformes de videos en ligne, cette saynète débute cependant en fond sonore par un appel à la prière alors que la patrouille s’avance prudemment dans une rue déserte avant d’enchainer sur le tube et la chorégraphie volontairement grotesque des militaires. Cette blague d’éléments désœuvrés par la situation sécuritaire plutôt calme selon les portes-parole militaires, a cependant soulevé une vague de protestations au moment où sont rendus publics les résultats de l’enquête sur les conditions dans lesquelles la marine a lancé l’assaut contre une flottille étrangère faisant route vers Gaza, le 31 mai.

Alors que la notoriété de cette vidéo s’amplifiait dans la presse internationale, le sérieux quotidien Haaretz, s’est fait l’écho de l’image provocatrice donnée par les Forces de Défense d’Israël (IDF) et annonce des sanctions pour les militaires. Le Colonel Amir Abulafia, commandant de la brigade Benjamin aurait personnellement sanctionné les deux officiers responsables. Pourtant, les videos amateurs de militaires en opération associant musique et guerre, ne sont pas rares et l’on peut se demander dans quelle mesure elles ne participent pas à des opérations de déception de l’ennemi en soulignant par l’association paradoxale de la fête et des opérations armées la supériorité du morale des troupes du vainqueur et de l’occupant sur le vaincu. Israël brille depuis longtemps à ce sujet notamment par la mise en avant de la gente féminine militaire dans ces opérations de propagande en ligne sur le mode du mythe des Amazones.

Certes, moins meurtrière que des combats de rue, la video israélienne a connu une réplique par les palestiniens d’Ebron, cette fois sur un tube de Lady Gaga avec une variante chorégraphique, puisque le show ce termine par le mime d’une fouille au corps et d’une arrestation. De la contre-insurrection à la contre-danse, il n’y a qu’un pas !

Vuvuzelas, les nouvelles trompettes de Jericho

juin 15, 2010

Etonnante polémique autour des trompes utilisées par les supporters sud-africains pendant les matchs de la coupe du monde ! Médias, sportifs, téléspectateurs semblent au bord de la crise de nerfs tant le son proprement sidérant de 60 000 trompes perturbe les retransmissions télévisées et singulièrement le travail crucial des commentateurs, obligés de s’équiper de micros spéciaux adaptés d’ordinaire aux circuits de Formule 1. Outre le brouillage sonore des médias, c’est bien une véritable perturbation psychologique qui affecte les joueurs eux-mêmes qui ne peuvent plus communiquer entre eux et leur entraineur et qui ressentent surtout un stress objectif engendré par les spectateurs dès que la surface de réparation sud-africaine est approchée.

La Fifa avait demandé de proscrire l’instrument, mais face à l’identification des sud-africains à cet emblème sonore, les organisateurs ont estimé que les émeutes n’étaient pas exclues en cas d’interdiction.

Il y aurait beaucoup à dire sur cet élément perturbateur qui semble défier la puissance économico-médiatique de masse. En premier lieu, le caractère sidérant du bruit et son réel impact psychologique est à rapprocher des traditions guerrières ancestrales et notamment africaines, où les orchestres traditionnels de trompes abondent. Deuxièmement, le caractère collectif  et extrêmement rudimentaire souligne la puissance des comportements des foules capables d’enrailler la machine technico-médiatique et les considérables enjeux des droits de diffusion. Des filtres anti-vuvuzelas sont même déjà téléchargeables pour tenter d’atténuer le bruit de fond ainsi généré. Enfin, la dimension culturelle et identitaire serait à développer  : « Vous, vous applaudissez. Nous, nous soufflons dans la vuvuzela », affirment les supporters sud-africains. Cette bataille acoustique a fait au moins un heureux en attendant de savoir si elle contribuera à la victoire sud-africaine finale,  Neil Van Schalkwyk, jeune entrepreneur du Cap a eu l’heureuse idée de breveter la vuvuzelas et compte en écouler 80 000. Une excellent arme de perturbation acoustique et aussi un très bon souvenir pour les touristes supporters.

Au sujet du bruit dans l’espace public : Charivari écologique pour le sommet de Copenhague

Afghan star, l’entertainement chez les Talibans

juin 2, 2010

Un documentaire saisissant et un cas extrême de re-territorialisation d’une forme médiatico-culturelle globale ou l’histoire de l’inculturation du radio crochet télévisé dans le bourbier afghan. Le film d’Havana Marking, se focalise sur quatre finalistes du concours télévisé de chansons et débute par la course de deux enfants en haillons, rentrant visiblement des champs, qui galopent pour rejoindre en retard un groupe de plusieurs dizaines d’enfants et d’adolescents agglutinés à un poste de télévision diffusant la fameuse émission « Afghan Star ».

Rien ne manque dans ces cinquante minutes pour illustrer à la fois l’absurdité de la situation, l’immense espoir déçu de la candidate délurée qui a risqué sa vie, au sens propre, sur un déhanchement un peu prononcé et une chevelure découverte, le kitch improbable des candidats, la ténacité des producteurs décidés, avec une naïveté touchante, à faire de la musique un ciment inter-ethnique, les Ulémas terriblement sourcilleux qui font pression sur Tolo TV pour interdire la danse à la télévision, la musique ayant été de nouveau autorisée en 2004 une fois les Talibans chassés des villes, l’humour des simples bergers dont « même les moutons » ont le ventre noué au moment de la finale, qui sera d’ailleurs suivie par le tiers de la population du pays, soit 11 millions de téléspectateurs.

Si le film n’évoque à aucun moment le modèle économique du concept basé sur le vote pas sms et numéros surtaxés pour le plus grand bénéfice de l’opérateur Roshan, ainsi que la procédure de désignation des vainqueurs qui semble assez peu contrôlée, ce documentaire demeure un témoignage très intéressant, et même à certains égards émouvant, de l’impact de la globalisation culturelle des formats télévisés occidentaux sur un pays très jeune (45% de moins de 14 ans, 17, 6 ans d’âge médian) marqué par des décennies de violence, ainsi que les déplacements produits par de telles formes culturelles dans le paysage religieux, ethnique, musical, sociologique et économique.

Ces qualités n’ont d’ailleurs pas échappé aux théoriciens de la diplomatie publique, puisqu’il a été présenté avec enthousiasme par l’ambassadrice Cynthia Schneider au symposium TEDglobal 2009.

(Royaume Uni , 2008, 52mn), www.afghanstardocumentary.com

ARTE, Date(s) de diffusion: Lun., 7. juin 2010, 09h15

Reprise des hostilités musicales entre les deux Corée

juin 2, 2010

Dans le cadre de la réponse à l’attaque de sa frégate coulée le 26 mars, selon toute vraisemblance par une torpille nord-coréenne, la Corée du sud a, symboliquement, décidé de reprendre ses opérations de propagande le long de la zone démilitarisée après un moratoire de six ans.

Des murs de hauts-parleurs (voir photo DR) ont donc été installés par l’armée pour diffuser au delà de la frontière la plus militarisée de la planète les programmes qui avaient fait les riches heures de la « guerre des mots » entre les deux Corée au début des années 80. Quatre heures quotidiennes d’émission sont donc diffusées depuis le 26 mai 2010 par la voie des airs et la bande FM. Les nord-coréens ont donc pu entendre quelques discours officiels mais surtout une des armes culturelles les plus aiguisées de la Corée du Sud depuis quelques années, à savoir des extraits de K-pop, courant musical désormais mainstream qui inonde toute l’Asie du sud-Est, notamment représenté dans ces programmes de propagande par le girl band 4minute et son tube « Huh« .

De son côté, la Corée du Nord n’est pas en reste sur le plan de la propagande musicale. Le récent documentaire « le socialisme en chantant » de Barbara Necek, François Théry et Paul de Jenlis, est parvenu dernièrement à réaliser un témoignage saisissant sur le rôle politique de la musique en Corée du Nord. Ce documentaire, absolument kafkaïen, montre, malgré la censure absolue (voir les coulisses du tournage) dont il a fait l’objet, l’utilisation tyrannique de la musique à des fins de contrôle des esprits.

Offrande musicale du patriarche Kirill Ier à Benoît XVI

mai 27, 2010

Alors que le rapprochement entre Église catholique et Patriarcat de Moscou progresse à une vitesse hors norme pour un dossier aussi complexe et historique que les relations entre Orthodoxie et Catholicisme, un concert en l’honneur de Benoît XVI a été offert par le patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Kirill Ier jeudi 20 mai 2010, en la Salle Paul VI du Vatican.

Au début de la cérémonie, le métropolite Hilarion, responsable du Département pour les relations extérieures du patriarcat de Moscou, a lu un message de Kirill Ier.

L’Osservatore Romano en français du 25 mai 2010 publie une traduction de l’allocution prononcée par Benoît XVI à l’issue du concert.

Extraits du discours de Benoît XVI :

 »  […] J’exprime donc ma profonde gratitude avant tout à Sa Sainteté le patriarche Kirill. Je lui adresse mon salut le plus fraternel et cordial, en exprimant vivement le souhait que la louange au Seigneur et l’engagement en vue du progrès de la paix et de la concorde entre les peuples nous rapprochent toujours plus et nous fassent croître dans une harmonie d’intentions et d’actions. Je remercie ensuite de tout coeur le métropolite Hilarion, pour le salut qu’il a voulu m’adresser avec tant de courtoisie et pour son engagement oecuménique constant, en le félicitant pour sa créativité artistique, que nous avons eu l’occasion d’apprécier. Avec lui, je salue avec une profonde sympathie la délégation du patriarcat de Moscou, ainsi que les illustres représentants du gouvernement de la Fédération russe.

[…] Pour sceller cette occasion de façon véritablement exceptionnelle et suggestive, il a été fait appel à la musique, la musique de la Russie d’hier et d’aujourd’hui, qui nous a été proposée avec un grand talent par l’Orchestre national russe, dirigé par le maître Carlo Ponti, par le Choeur synodal de Moscou, et par la Chapelle des cors de Saint-Pétersbourg. J’adresse mes très vifs remerciements à tous les artistes pour le talent, l’engagement et la passion avec lesquels ils proposent à l’attention du monde entier les chefs-d’oeuvre de la tradition musicale russe. Dans ces oeuvres, dont nous avons eu aujourd’hui un aperçu significatif, est profondément présente l’âme du peuple russe et avec elle, la foi chrétienne, qui trouvent une extraordinaire expression précisément dans la Liturgie Divine et dans le chant liturgique qui l’accompagne toujours. En effet, il existe un lien étroit, originel, entre la musique russe et le chant liturgique: c’est dans la liturgie et de la liturgie que se libère en quelque sorte et prend son essor une grande partie de la créativité artistique des musiciens russes, pour donner vie à des chefs-d’oeuvre qui mériteraient d’être davantage connus dans le monde occidental. Nous avons eu aujourd’hui la joie d’écouter des pièces de grands artistes russes du xix et xx siècles, comme Moussorgsky et Rimski-Korsakov, Tchaïkosvski et Rachmaninov. Ces compositeurs, et ce dernier en particulier, ont su puiser au riche patrimoine musical et liturgique de la tradition russe, en le réélaborant et en l’harmonisant avec des sonorités et des expériences musicales de l’Occident et plus en phase avec la modernité. Je pense que c’est dans cette lignée que doit être située également l’oeuvre du métropolite Hilarion.

Dans la musique est déjà anticipée et se réalise donc d’une certaine manière la confrontation, le dialogue, la synergie entre l’Orient et l’Occident, ainsi qu’entre la tradition et la modernité. C’est précisément à une telle vision unitaire et harmonieuse de l’Europe que pensait le vénérable Jean-Paul ii, quand, re-proposant l’image, suggérée par Vjaceslav Ivanovic Ivanov, des « deux poumons » avec lesquels il faut recommencer à respirer, il souhaitait une nouvelle conscience des profondes racines culturelles et religieuses communes du continent européen, sans lesquelles l’Europe d’aujourd’hui serait comme privée d’une âme et marquée quoi qu’il en soit par une vision réductrice et partielle. C’est précisément pour réfléchir ultérieurement sur ces problématiques que s’est déroulé hier le symposium, organisé par le patriarcat de Moscou, par le dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens et par celui de la culture, sur le thème: « Orthodoxes et catholiques en Europe aujourd’hui. Les racines chrétiennes et le patrimoine culturel commun de l’Orient et de l’Occident ».