Documentaire « Une seule voix »

vign-dusv12L’auteur, réalisateur et producteur français Xavier de Lauzanne a récemment réalisé un film documentaire sur l’orchestre, « D’une seule voix » dont la sortie nationale dans les salles aura lieu le 11 novembre 2009.

Israéliens et Palestiniens, juifs, chrétiens et musulmans, ils sont avant tout musiciens.
Partant du constat qu’il est maintenant impossible pour eux de se rencontrer en Israël ou dans les Territoires Palestiniens, le français Jean-Yves Labat de Rossi, va les cherchez chez eux, de part et d’autre du mur, pour les inviter à une tournée surprenante qui les réunira en France pendant trois semaines.
Un pari audacieux qui se révèle rapidement risqué. Dès le début de la tournée, les rivalités apparaissent inévitablement. Sur scène, c’est un triomphe alors que dans les coulisses, le ton monte…

La note d’intention

I. LA FORME : UN DOCUMENTAIRE DE CREATION

Le documentaire dit « de création » est une rencontre entre un sujet et un auteur. L’histoire de la tournée « d’une seule voix » racontée dans un documentaire de cinéma permet de sortir de l’événementiel et du sensationnel pour apporter un autre regard sur l’actualité. Le film évolue en toute liberté, sans voix off, sans cadre éditorial imposé par une chaîne de télévision. Il ne s’attache qu’au spontané des situations en y cherchant un sens. Il créé une alternative par rapport au genre plus convenu du reportage ou plus superficiel des magazines et des documentaires «à audience». Il créé aussi une alternative par rapport à l’information que donnent les médias sur le monde, basée essentiellement sur des évènements dramatiques. Le côté factuel du journalisme est remplacé par une vision personnelle de la réalité, llibre et subjective.

Fait dans la durée, dans la nuance et selon la sensibilité de son réalisateur, le film raconte une histoire vraie à la manière d’une fiction.

II. LE FOND : L’ART COMME TRAIT D’UNION

A.    Des rencontres improbables

La musique possède le pouvoir unique de créer le dialogue.

Chez eux à Jérusalem, à Ramallah, à Gaza, les artistes israéliens et palestiniens que nous suivons nous parlent de la passion qu’ils entretiennent pour la musique, ce qui les oblige à porter un autre regard sur ceux qui ont, de l’autre côté du mur, cette même passion. Ils témoignent alors, avec la profondeur et la sensibilité propres aux artistes, de leur volonté de dépasser les attitudes communautaires pour s’écouter jouer avec une oreille complice.

En France, pendant près de trois semaines, les musiciens passent des journées entières ensemble, recréant ainsi une nouvelle communauté. Le « bon sentiment » est mis à l’épreuve au fil des jours. C’est justement l’occasion pour eux d’échanger des points de vue et d’évoluer, en pratique, sur la perception de « l’autre ».

La résonance du conflit israélo-arabe va bien au-delà du contexte géopolitique dans lequel il s’inscrit. Tellement couvert par les médias, il fait partie de notre vie quotidienne. Si un jour, le conflit est résolu, ce sera sans doute un exemple phénoménal pour toute l’Humanité. Alors, le moindre signe de rapprochement entre ces musiciens, est forcément marquant. L’émotion qui s’en dégage est forte, même pour ceux qui ne sont jamais allés dans cette région du monde.


B.    La musique

1.    Un langage universel

La musique véhicule parfaitement une intention universelle comme le désir de paix. En s’adressant à la fois au corps, à l’esprit et au cœur, c’est-à-dire à toutes les fonctions sensibles de la personne humaine, elle met en valeur une communication d’Homme à Homme et de l’âme à la raison. Par un langage qui va au-delà de l’intelligible, au-delà des origines et des religions, la musique peut s’ériger en contre-pouvoir face à l’adversité. Les musiciens ont la faculté de nous projeter instantanément dans l’universalité de l’idée de paix.

2.    La virtuosité comme un avant-goût de la paix

Le projet musical de Jean-Yves repose sur le talent des musiciens qu’il a sélectionné. Pour véhiculer un absolu, il faut une interprétation pure. Cette pureté fait vibrer les sens et calme les rancunes. Elle est la métaphore de l’état de paix intérieure et extérieure que chacun recherche.

D’autre part, écouter et regarder un artiste de talent sur scène, c’est aussi ressentir indéniablement de l’estime pour lui. Même un «ennemi» peut-être digne d’admiration rien que pour sa virtuosité. C’est donc donner un avant-goût de paix que de lui permettre de se produire sur scène.

3.    La scène musicale comme un espace de fraternité

Nous avons perdu l’habitude de voir les peuples arabes, israéliens et chrétiens ensemble, sans qu’ils ne se déchirent. Or, ces communautés se sont longtemps nourries des mêmes héritages et atmosphères sonores présentes autour de la Méditerranée. Il est donc cohérent de faire jouer sur une même scène des musiciens qui vivent dans cette région du monde. Mais il est beaucoup plus exceptionnel d’en faire un lieu de rassemblement pour recréer des liens qui ont totalement disparu.
Selon les mots de Gandhi : «Vous devez être le changement que vous voulez voir dans le monde». Etre ensemble sur scène est déjà une première image du changement.

4.    La diversité qui s’assemble

Ici la diversité est montrée comme une complémentarité. Sauf pour la dernière chanson, les différents groupe ne jouent pas ensemble mais se succèdent sur scène. Respecter leurs différences, les faire exister tout en les associant, tel était l’objectif de Jean-Yves. Ainsi, à travers les répertoires sacrés ou profanes, les musiques vocales ou instrumentales, les résonances hébraïques, arabes, latines, arméniennes et même la pop, nous voyageons dans l’espace et dans le temps. La diversité des origines permet à chacun de s’enrichir de l’autre.


C.    Le témoignage

Le souhait de ces artistes, à travers leur art, est de dire chez eux et à l’étranger que les terroristes et les chars d’assaut n’auront pas le dernier mot. Le public français, observateur de la tournée, est pris à parti. Devant leurs yeux, sur scène, se dévoile un témoignage qui n’a pas d’autre prétention que de donner un exemple concret de travail en commun, lequel fait naître des liens impossibles en temps « normal ».

S’ils sont artistes, ils sont aussi engagés, loin d’être naïfs, certains d’entre eux ont servi Tsahal ou sont passés par les rangs de l’armée palestinienne. Cela ne les empêche pas de prendre des distances avec leurs expériences de guerre et, par le biais de la musique, de parler de paix.

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