Archive for décembre 2009

Bob Geldof et le budget 2010 de l’Allemagne

décembre 18, 2009

Mercredi dernier, 16 décembre, le parlement allemand a adopté son budget 2010. Cette information, sensée rester confinée aux pages spécialisées des quotidiens et magazines économiques, a trouvé un attaché de presse inattendu en la personne de la rock star Bob Geldof, le célèbre initiateur de Band Aid en 1984 pour la famine éthiopienne, puis de son concept élargi en 2005 Live 8, des séries de méga-concerts visant à faire pression sur le G8 et sa politique d’aide vis à vis de l’Afrique.

Bob Geldof fait donc savoir à la terre entière qu’il n’est pas satisfait du volume budgétaire accordée par l’Allemagne à l’aide humanitaire. Le chanteur irlandais s’était déjà intéressé à cette question, dès 2007 avec son compère Bono de U2, et plus récemment en participant au congrès de la CDU/CSU en juin dernier en annonçant déjà son extrême vigilance à ce sujet.

Jouant sur la rhétorique de l’émotion « Angela Merkel brise sa promesse aux hommes les plus pauvres du monde », « Merkel n’a pas de coeur »…, Geldof n’oublie pas d’égratigner l’image internationale de l’Allemagne : « Cela porte un coup sérieux à la crédibilité internationale de l’Allemagne ».
Source : Blog Berlin-Paris, Figaro.fr

Le glas pour le climat

décembre 9, 2009

Alarm, Hope, Action

Après les charivari écologistes, une autre initiative sonore non moins intéressante se déroulera à l’occasion du sommet de Copenhague à travers le monde le 13 décembre.

Le conseil œcuménique des églises appelle les lieux de cultes du monde à sonner les cloches (le glas sans doute ?) au moment du « paroxysme » du sommet international le dimanche 13 décembre 15h. Et pas simplement une petite sonnerie, mais 350 coups en écho aux 350 particules par millions (ppm) de CO2, quantité limite pour l’atmosphère terrestre.

Nous espérons obtenir une chaîne de carillons et de prières s’étendant dans le temps depuis les Iles Fidji, dans le Pacifique Sud – là où la journée commence et où les effets des changements climatiques se font déjà ressentir aujourd’hui – jusqu’à l’Europe du Nord et à travers le reste du monde.

A cette occasion, rappelons que la symbolique de la cloche est extrêmement riche dans le temps et l’espace, notamment par son lien avec la géographie et la territorialité des sons. Instrument divin par excellence, la cloche fait en effet entendre la pureté naturelle du son en ce qu’il se rapporte à la fameuse harmonie universelle aristotélicienne. Sur cette signification religieuse Orient et Occident se rejoignent d’ailleurs en une parfaite… harmonie.

La capacité de fondre des cloches est souvent associée au pouvoir suprême en associant la maitrise du métal (L’Empereur chinois  Huángdì fait fondre douze cloches, vers l’an 2260 av. J.-C.) et celle de fabriquer des armes avec la fonction sacerdotale d’entrer en résonance avec le divin (Le grand prêtre Aaron portait, d’après la Bible, une tunique au bas de laquelle se balançaient des clochettes d’or).

Maitrise de la fonte des métaux et de la violence, fonction sacerdotale, maitrise du territoire physique et contrôle du temps, sont autant de fonctions anthropologiques symbolisées par cet instrument.

Gageons que cette sonnerie globale n’éloigne pas seulement la foudre divine mais sidère les délégués au sommet de Copenhague pour éviter l’apocalypse climatique tant annoncée !

Madonna muse de l’OTAN ?

décembre 9, 2009

« Madonna or die? »

C’est sur cette étrange prophétie que se conclue un article étonnant de Peter van Ham sur le très officiel site de l’OTAN. Dans le cadre de la réflexion sur le nouveau concept stratégique de l’OTAN initié par le sommet de Strasbourg/Kehl d’avril 2009, Peter van Ham propose comme modèle (ou comme muse ?) la figure de la diva du pop.

Son argument est d’une simplicité absolu : si l’OTAN ne change pas, n’innove pas il est voué à la disparition. Pour illustrer cette évidence, il explique comment la diva, dèjà quinquagénaire, parvient à chaque nouveau « virage » à se réinventer en permanence.

The quality of adapting to new tasks whilst staying true to one’s own principles is something which business analysts qualify as the Madonna-curve. This curve is named after the legendary pop-diva who reinvented herself each time her style and stardom went into inevitable decline, but whose audacity has lifted her up to ever higher levels of relevance and fame.

Il rappelle aussi que le précédant concept stratégique énoncé en 1999 en pleine guerre des Balkans conduisit l’Alliance a user en son nom propre pour la première fois de son « hard power » à travers le bombardement du Kosovo.

Place désormais au soft power pour le moins sexy avec la figure de la Madonne. Cette réflexion autour de la nature du nouveau pouvoir de séduction qu’est sensé inspirer l’OTAN s’inscrit dans les considérables efforts de l’Alliance dans le domaine de la diplomatie publique depuis 2007.

Les stars cubaines de retour aux Etats Unis

décembre 6, 2009

Même si la tournée cubaine du Boston Symphony Orchestra a été annulée début novembre, l’administration Obama semble tenir sa parole de rouvrir l’accès au sol américain pour les stars musicales cubaines.

L’agence Reuters annonce ainsi une véritable invasion musicale dans les prochains mois : Omara Portuondo se produira à Las Vegas, suivi de Septeto Nacional, à New York, Los Angeles, Chicago et Miami, Carlos Varela est programmé pour une tournée de trois semaines et devrait rencontrer des officiels de la Maison blanche et deux membres du Congrès. Enfin, David Calzado et son groupe Charanga Habanera, se rendront à Miami pour un concert pour les fêtes de fin d’année.

Avec une population de 44 millions d’hispaniques et l’engouement pour la musique cubaine, les producteurs se frottent les mains : l’ensemble de ces tournées affichent complet malgré l’incertitude qui pèse sur des empêchements politico-culturels de dernières minutes.

Petite réciprocité et entorse à l’embargo draconien de 47 ans, Kool & The Gang a obtenu l’autorisation de jouer à Cuba du 19 au 22 décembre 2009.

Légende de la photo :

the Buena Vista Social Club album, was recorded at EGREM studios in Havana, Cuba. The picture above shows Ibrahim Ferrer (left) and Omara Portuondo (right) duetting on ‘Silencio’.

Détail de la tournée d’Omara Portuondo

Charivari écologique pour le sommet de Copenhague

décembre 6, 2009

Ce 5 décembre, à l’approche du sommet de Copenhague, un collectif de 11 associations écologistes ont renoué avec la vieille tradition du charivari, qui consiste à occuper l’espace sonore publique. Ainsi, des flash mob ont été convoquées à travers le monde à 12h18 (retournement du 18/12 date de clôture du sommet) pour « faire du bruit pour le climat » avec grand renfort de casseroles et autres ustensiles.

Une occasion pour évoquer l’importance de ce rite carnavalesque qui consistait au Moyen Age à huer publiquement des veufs, des veuves ou des nouveaux mariés. L’étymologie du mot, attesté dès le début du XIVème siècle, se rapporte au mal de tête (caribaria). Le terme « noise » du moyen français associe le bruit à la querelle et la protestation par diverses expressions encore en cours comme « chercher des noises à quelqu’un ». C’est aussi la racine de « noise » an anglais.

On se rappellera une illustration étonnante de l’association entre bruit et violence sociale notamment avec la fameuse révolution des casseroles qui ébranla l’Argentine en 2001-2002.

Si la littérature ethnologique est assez abondante sur le lien entre le charivari et les rites de remariages, l’intrusion du bruit comme mode d’expression sur la scène internationale et dans la globalisation culturelle (par exemple, la campagne « make some noise » d’Amnesty international pour le Darfour en 2007) reste encore à étudier.