Vuvuzelas, les nouvelles trompettes de Jericho

Etonnante polémique autour des trompes utilisées par les supporters sud-africains pendant les matchs de la coupe du monde ! Médias, sportifs, téléspectateurs semblent au bord de la crise de nerfs tant le son proprement sidérant de 60 000 trompes perturbe les retransmissions télévisées et singulièrement le travail crucial des commentateurs, obligés de s’équiper de micros spéciaux adaptés d’ordinaire aux circuits de Formule 1. Outre le brouillage sonore des médias, c’est bien une véritable perturbation psychologique qui affecte les joueurs eux-mêmes qui ne peuvent plus communiquer entre eux et leur entraineur et qui ressentent surtout un stress objectif engendré par les spectateurs dès que la surface de réparation sud-africaine est approchée.

La Fifa avait demandé de proscrire l’instrument, mais face à l’identification des sud-africains à cet emblème sonore, les organisateurs ont estimé que les émeutes n’étaient pas exclues en cas d’interdiction.

Il y aurait beaucoup à dire sur cet élément perturbateur qui semble défier la puissance économico-médiatique de masse. En premier lieu, le caractère sidérant du bruit et son réel impact psychologique est à rapprocher des traditions guerrières ancestrales et notamment africaines, où les orchestres traditionnels de trompes abondent. Deuxièmement, le caractère collectif  et extrêmement rudimentaire souligne la puissance des comportements des foules capables d’enrailler la machine technico-médiatique et les considérables enjeux des droits de diffusion. Des filtres anti-vuvuzelas sont même déjà téléchargeables pour tenter d’atténuer le bruit de fond ainsi généré. Enfin, la dimension culturelle et identitaire serait à développer  : « Vous, vous applaudissez. Nous, nous soufflons dans la vuvuzela », affirment les supporters sud-africains. Cette bataille acoustique a fait au moins un heureux en attendant de savoir si elle contribuera à la victoire sud-africaine finale,  Neil Van Schalkwyk, jeune entrepreneur du Cap a eu l’heureuse idée de breveter la vuvuzelas et compte en écouler 80 000. Une excellent arme de perturbation acoustique et aussi un très bon souvenir pour les touristes supporters.

Au sujet du bruit dans l’espace public : Charivari écologique pour le sommet de Copenhague

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