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Dance battle dans les rues d’Ebron

juillet 17, 2010

Dernier buzz en date, une dance party d’une patrouille israélienne dans les rues d’Ebron. Sur le hit Tik Tok de Ke$ha, six militaires israéliens se trémoussent assez maladroitement, filmé d’un balcon par un de leur co-religionnaire. Visionnée plusieurs millions de fois sur les différentes plateformes de videos en ligne, cette saynète débute cependant en fond sonore par un appel à la prière alors que la patrouille s’avance prudemment dans une rue déserte avant d’enchainer sur le tube et la chorégraphie volontairement grotesque des militaires. Cette blague d’éléments désœuvrés par la situation sécuritaire plutôt calme selon les portes-parole militaires, a cependant soulevé une vague de protestations au moment où sont rendus publics les résultats de l’enquête sur les conditions dans lesquelles la marine a lancé l’assaut contre une flottille étrangère faisant route vers Gaza, le 31 mai.

Alors que la notoriété de cette vidéo s’amplifiait dans la presse internationale, le sérieux quotidien Haaretz, s’est fait l’écho de l’image provocatrice donnée par les Forces de Défense d’Israël (IDF) et annonce des sanctions pour les militaires. Le Colonel Amir Abulafia, commandant de la brigade Benjamin aurait personnellement sanctionné les deux officiers responsables. Pourtant, les videos amateurs de militaires en opération associant musique et guerre, ne sont pas rares et l’on peut se demander dans quelle mesure elles ne participent pas à des opérations de déception de l’ennemi en soulignant par l’association paradoxale de la fête et des opérations armées la supériorité du morale des troupes du vainqueur et de l’occupant sur le vaincu. Israël brille depuis longtemps à ce sujet notamment par la mise en avant de la gente féminine militaire dans ces opérations de propagande en ligne sur le mode du mythe des Amazones.

Certes, moins meurtrière que des combats de rue, la video israélienne a connu une réplique par les palestiniens d’Ebron, cette fois sur un tube de Lady Gaga avec une variante chorégraphique, puisque le show ce termine par le mime d’une fouille au corps et d’une arrestation. De la contre-insurrection à la contre-danse, il n’y a qu’un pas !