Archive for the ‘Moyen Orient’ Category

L’Orchestre national de Palestine fait ses débuts

janvier 3, 2011

L’Orchestre National Palestinien, qui comprend quelque 40 musiciens, a joué sa toute première série de concerts vendredi à Ramallah, en Cisjordanie occupée, samedi à Jérusalem-Est pour finir à Haïfa (nord d’Israël), où vit une importante communauté arabe israélienne.

« Aujourd’hui un Orchestre, demain un Etat », a affirmé Suhail Khoury, directeur du Conservatoire national de musique Edward Saïd (du nom de l’intellectuel, essayiste et musicologue palestino-américain décédé en 2003), pépinière de la musique classique et traditionnelle palestinienne.

« Aujourd’hui, nous sommes témoins de la naissance de l’Orchestre national palestinien à un moment où la lutte palestinienne pour l’indépendance traverse une de ses phases les plus critiques et difficiles », a souligné M. Khoury dans le programme des concerts.

« La tâche de rassembler des musiciens palestiniens afin d’ajouter une nouvelle pierre à l’édification d’un Etat palestinien indépendant a été une tentative très difficile », a-t-il ajouté.

« Nous, musiciens, sommes persuadés qu’un Etat ce n’est pas seulement des bâtiments et des routes, mais, et c’est le plus important, des gens, leurs valeurs, leurs arts et leur identité culturelle », a plaidé M. Khoury.

Au programme: le concerto roumain de Gyorgy Ligeti, du Mozart et la symphonie No 4 de Beethoven. Chaque concert a commencé par l’hymne national palestinien –rarement entendu à Jérusalem-Est et plus encore en Israël– devant des salles combles et debout.

Source : AFP

Dance battle dans les rues d’Ebron

juillet 17, 2010

Dernier buzz en date, une dance party d’une patrouille israélienne dans les rues d’Ebron. Sur le hit Tik Tok de Ke$ha, six militaires israéliens se trémoussent assez maladroitement, filmé d’un balcon par un de leur co-religionnaire. Visionnée plusieurs millions de fois sur les différentes plateformes de videos en ligne, cette saynète débute cependant en fond sonore par un appel à la prière alors que la patrouille s’avance prudemment dans une rue déserte avant d’enchainer sur le tube et la chorégraphie volontairement grotesque des militaires. Cette blague d’éléments désœuvrés par la situation sécuritaire plutôt calme selon les portes-parole militaires, a cependant soulevé une vague de protestations au moment où sont rendus publics les résultats de l’enquête sur les conditions dans lesquelles la marine a lancé l’assaut contre une flottille étrangère faisant route vers Gaza, le 31 mai.

Alors que la notoriété de cette vidéo s’amplifiait dans la presse internationale, le sérieux quotidien Haaretz, s’est fait l’écho de l’image provocatrice donnée par les Forces de Défense d’Israël (IDF) et annonce des sanctions pour les militaires. Le Colonel Amir Abulafia, commandant de la brigade Benjamin aurait personnellement sanctionné les deux officiers responsables. Pourtant, les videos amateurs de militaires en opération associant musique et guerre, ne sont pas rares et l’on peut se demander dans quelle mesure elles ne participent pas à des opérations de déception de l’ennemi en soulignant par l’association paradoxale de la fête et des opérations armées la supériorité du morale des troupes du vainqueur et de l’occupant sur le vaincu. Israël brille depuis longtemps à ce sujet notamment par la mise en avant de la gente féminine militaire dans ces opérations de propagande en ligne sur le mode du mythe des Amazones.

Certes, moins meurtrière que des combats de rue, la video israélienne a connu une réplique par les palestiniens d’Ebron, cette fois sur un tube de Lady Gaga avec une variante chorégraphique, puisque le show ce termine par le mime d’une fouille au corps et d’une arrestation. De la contre-insurrection à la contre-danse, il n’y a qu’un pas !

Afghan star, l’entertainement chez les Talibans

juin 2, 2010

Un documentaire saisissant et un cas extrême de re-territorialisation d’une forme médiatico-culturelle globale ou l’histoire de l’inculturation du radio crochet télévisé dans le bourbier afghan. Le film d’Havana Marking, se focalise sur quatre finalistes du concours télévisé de chansons et débute par la course de deux enfants en haillons, rentrant visiblement des champs, qui galopent pour rejoindre en retard un groupe de plusieurs dizaines d’enfants et d’adolescents agglutinés à un poste de télévision diffusant la fameuse émission « Afghan Star ».

Rien ne manque dans ces cinquante minutes pour illustrer à la fois l’absurdité de la situation, l’immense espoir déçu de la candidate délurée qui a risqué sa vie, au sens propre, sur un déhanchement un peu prononcé et une chevelure découverte, le kitch improbable des candidats, la ténacité des producteurs décidés, avec une naïveté touchante, à faire de la musique un ciment inter-ethnique, les Ulémas terriblement sourcilleux qui font pression sur Tolo TV pour interdire la danse à la télévision, la musique ayant été de nouveau autorisée en 2004 une fois les Talibans chassés des villes, l’humour des simples bergers dont « même les moutons » ont le ventre noué au moment de la finale, qui sera d’ailleurs suivie par le tiers de la population du pays, soit 11 millions de téléspectateurs.

Si le film n’évoque à aucun moment le modèle économique du concept basé sur le vote pas sms et numéros surtaxés pour le plus grand bénéfice de l’opérateur Roshan, ainsi que la procédure de désignation des vainqueurs qui semble assez peu contrôlée, ce documentaire demeure un témoignage très intéressant, et même à certains égards émouvant, de l’impact de la globalisation culturelle des formats télévisés occidentaux sur un pays très jeune (45% de moins de 14 ans, 17, 6 ans d’âge médian) marqué par des décennies de violence, ainsi que les déplacements produits par de telles formes culturelles dans le paysage religieux, ethnique, musical, sociologique et économique.

Ces qualités n’ont d’ailleurs pas échappé aux théoriciens de la diplomatie publique, puisqu’il a été présenté avec enthousiasme par l’ambassadrice Cynthia Schneider au symposium TEDglobal 2009.

(Royaume Uni , 2008, 52mn), www.afghanstardocumentary.com

ARTE, Date(s) de diffusion: Lun., 7. juin 2010, 09h15

Country, Islam et diplomatie publique

mai 22, 2010

Il y a un mois, le 23 avril, le bureau du porte-parole du département d’État américain annonçait la première tournée d’un artiste de country musulman au Moyen Orient. Kareem Salama, le nouvel ambassadeur culturel américain au Moyen Orient, vient en effet d’achever une tournée en Egypte, Maroc, Koweit, Bahrein, Syrie, « Jérusalem » et Jordanie. Le département d’État explique que dans le sillage du discours du Caire d’Obama, ses services s’emploient à promouvoir un jeune artiste musulman porteur de la culture américaine :

The Kareem Salama Tour is designed to bring to audiences in the Middle East a rising American musical talent, representative of America’s diversity of faith and heritage, who can serve as a bridge between Americans and the peoples of the Middle East. Funding for the tour is being provided by the State Department’s Bureau of Educational and Cultural Affairs and the Bureau of Near Eastern Affairs’ Office of Press and Public Diplomacy.

La machine de diplomatie publique a tourné à plein régime puisque cette tournée a bénéficié de la couverture des principaux network, dont CNN et ABC

Elton John privé de pyramides

mai 6, 2010

Les saillies récentes d’Elton John sur l’homosexualité supposé du Christ et son militantisme pro-gay ont eu raison de son prochain concert en Égypte programmé pour le 18 mai.

En effet, plusieurs médias (ici, ici et ici) rapportent que la direction de l’Union des musiciens d’Egypte (EMU), qui contrôle les autorisations des chanteurs étrangers de se produire dans le pays, a en effet estimé les opinions de Sir Elton incompatibles avec la mentalité de la République arabe. Son président Mounir al-Wasimi a ainsi justifié cette décision par le fait qu’«Un homosexuel qui veut interdire les religions, a clamé que le prophète Issa [le nom coranique de Jésus, ndlr] était homosexuel, et qui appelle les pays du Moyen-Orient à autoriser les gays à bénéficier d’une liberté sexuelle ne peut pas se produire».

Pourtant en 2008, Elton John s’était produit aux Emirats Arabes Unis sans difficultés. Le 26 mai, il doit participer à un festival à Rabbat au Maroc, il sera intéressant de voir l’attitude des autorités royales à ce sujet. (Mise à jour : Le concert a bien eu lieu devant 40 000 personnes).

Lady Gaga et la paix au Proche-orient

avril 2, 2010

Dans un papier du Wall Street Journal au titre un peu décalé, Bret Stephans commente les polémiques récentes qui émaillent les relations israélo-américaine et leur impact sur le conflit israélo-palestinien. L’auteur attire ici l’attention sur le rôle du facteur culturel dans la perception que chaque protagoniste se fait de son vis à vis.

Il y fait donc mention des écrits des années cinquante de l’égyptien Sayyid Qutb, considéré comme un des théoriciens de la nébuleuse islamiste. Etudiant à Chicago, cet intellectuel a produit une somme théologique de trente volumes et passe pour un  des principaux chroniqueurs de la décadence occidentale des trente glorieuses et de son instrumentalisation : « un peuple qui atteint des sommités dans les domaines de la science et du travail, cependant qu’il est au stade primitif dans les domaines des sentiments et du comportement, ne dépassant guère l’état de la première humanité, voir plus bas encore dans certains aspects sentimentaux et comportementaux. », écrit-il.

Dans cette description de la dégénérescence  américaine des années 50, la musique tient une part importante, notamment le jazz, qu’il n’hésite pas à imputer aux « plusions sauvages » des hommes de la savane. La femme américaine concentre aussi l’essentiel de la haine anti-occidentale distillée par Sayyid Qutb, dont Bret Stephans affirme qu’elle constitue une doxa suffisamment répandue pour influencer la perception de l’Occident judéo-chrétien du Waziristan à Tehran et Gaza.

Dans ce contexte, l’auteur s’interroge sur l’influence des frasques des video clips et de l’iconographie kitsch, érotique et dégantée véhiculée par Lady Gaga, immédiatement globalisée par les réseaux satellitaires et internet. Une sorte de soft power inversé et carnavalesque.

Le West-Eastern Divan Orchestra fête ses 10 ans

août 16, 2009

Presse-papiers-30En 1999, à l’occasion du 250e anniversaire de la naissance de Goethe, à Weimar, Daniel Barenboïm, directeur de l’Orchestre symphonique de Chicago, et Edward Said, éminent professeur de littérature et écrivain palestinien, créent le West-Eastern Divan Orchestra, un orchestre symphonique composé d’une centaine de musiciens arabes et israéliens dans le but de les rapprocher à travers la musique.

L’orchestre, dont le nom vient du recueil de poèmes « West-Östlicher » (Divan occidental-oriental) de Goethe, travaille sous la direction de Daniel Barenboïm et se réunit chaque année, au mois de juillet, à Séville pour répéter avant de se lancer dans des tournées mondiales au mois d’août. Il s’est notamment produit à Ramallah en 2005 et cet événement a été soutenu par les ambassades d’Allemagne, de France et d’Espagne qui a d’ailleurs fourni un passeport diplomatique à tous les musiciens. Cette performance a fait l’objet d’un documentaire produit par Arte en 2005 « Nous ne pouvons qu’atténuer la haine » réalisé par Paul Smaczny.

La visée politique de cette initiative est complexe, mais bien réelle.

Que l’on en juge par cet extrait du film de Paul Smaczny où Barenboïm reçoit à la Knesset des mains du Président israélien Moshe Katav un prix pour son oeuvre de musicien. A cette occasion, où il ne mache pas ses mots sur la situation politique, il annonce son intention de fonder le West-Eastern Divan Orchestra.

Il s’agit bien d’une opération de soft power appuyé au besoin discrètement par diverses diplomaties. Un membre de l’orchestre témoigne ainsi :

« Barenboim is always saying his project is not political. But one of the really great things is that this is a political statement by both sides. It is more important not for people like myself, but for people to see that it is possible to sit down with Arab people and play. The orchestra is a human laboratory that can express to the whole world how to cope with the other. » Source

Les représentations de l’orchestre ne sont pas sans déclencher la polémique. Ici au Caire le 17 avril 2009.

Pour plus d’informations : « Barenboim seeks Harmony, and more than one type », New York Time, 21/12/2006

le DVD du concert de Ramallah 2005

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Documentaire « Une seule voix »

août 15, 2009

vign-dusv12L’auteur, réalisateur et producteur français Xavier de Lauzanne a récemment réalisé un film documentaire sur l’orchestre, « D’une seule voix » dont la sortie nationale dans les salles aura lieu le 11 novembre 2009.

Israéliens et Palestiniens, juifs, chrétiens et musulmans, ils sont avant tout musiciens.
Partant du constat qu’il est maintenant impossible pour eux de se rencontrer en Israël ou dans les Territoires Palestiniens, le français Jean-Yves Labat de Rossi, va les cherchez chez eux, de part et d’autre du mur, pour les inviter à une tournée surprenante qui les réunira en France pendant trois semaines.
Un pari audacieux qui se révèle rapidement risqué. Dès le début de la tournée, les rivalités apparaissent inévitablement. Sur scène, c’est un triomphe alors que dans les coulisses, le ton monte…

La note d’intention

I. LA FORME : UN DOCUMENTAIRE DE CREATION

Le documentaire dit « de création » est une rencontre entre un sujet et un auteur. L’histoire de la tournée « d’une seule voix » racontée dans un documentaire de cinéma permet de sortir de l’événementiel et du sensationnel pour apporter un autre regard sur l’actualité. Le film évolue en toute liberté, sans voix off, sans cadre éditorial imposé par une chaîne de télévision. Il ne s’attache qu’au spontané des situations en y cherchant un sens. Il créé une alternative par rapport au genre plus convenu du reportage ou plus superficiel des magazines et des documentaires «à audience». Il créé aussi une alternative par rapport à l’information que donnent les médias sur le monde, basée essentiellement sur des évènements dramatiques. Le côté factuel du journalisme est remplacé par une vision personnelle de la réalité, llibre et subjective.

Fait dans la durée, dans la nuance et selon la sensibilité de son réalisateur, le film raconte une histoire vraie à la manière d’une fiction.

II. LE FOND : L’ART COMME TRAIT D’UNION

A.    Des rencontres improbables

La musique possède le pouvoir unique de créer le dialogue.

Chez eux à Jérusalem, à Ramallah, à Gaza, les artistes israéliens et palestiniens que nous suivons nous parlent de la passion qu’ils entretiennent pour la musique, ce qui les oblige à porter un autre regard sur ceux qui ont, de l’autre côté du mur, cette même passion. Ils témoignent alors, avec la profondeur et la sensibilité propres aux artistes, de leur volonté de dépasser les attitudes communautaires pour s’écouter jouer avec une oreille complice.

En France, pendant près de trois semaines, les musiciens passent des journées entières ensemble, recréant ainsi une nouvelle communauté. Le « bon sentiment » est mis à l’épreuve au fil des jours. C’est justement l’occasion pour eux d’échanger des points de vue et d’évoluer, en pratique, sur la perception de « l’autre ».

La résonance du conflit israélo-arabe va bien au-delà du contexte géopolitique dans lequel il s’inscrit. Tellement couvert par les médias, il fait partie de notre vie quotidienne. Si un jour, le conflit est résolu, ce sera sans doute un exemple phénoménal pour toute l’Humanité. Alors, le moindre signe de rapprochement entre ces musiciens, est forcément marquant. L’émotion qui s’en dégage est forte, même pour ceux qui ne sont jamais allés dans cette région du monde.


B.    La musique

1.    Un langage universel

La musique véhicule parfaitement une intention universelle comme le désir de paix. En s’adressant à la fois au corps, à l’esprit et au cœur, c’est-à-dire à toutes les fonctions sensibles de la personne humaine, elle met en valeur une communication d’Homme à Homme et de l’âme à la raison. Par un langage qui va au-delà de l’intelligible, au-delà des origines et des religions, la musique peut s’ériger en contre-pouvoir face à l’adversité. Les musiciens ont la faculté de nous projeter instantanément dans l’universalité de l’idée de paix.

2.    La virtuosité comme un avant-goût de la paix

Le projet musical de Jean-Yves repose sur le talent des musiciens qu’il a sélectionné. Pour véhiculer un absolu, il faut une interprétation pure. Cette pureté fait vibrer les sens et calme les rancunes. Elle est la métaphore de l’état de paix intérieure et extérieure que chacun recherche.

D’autre part, écouter et regarder un artiste de talent sur scène, c’est aussi ressentir indéniablement de l’estime pour lui. Même un «ennemi» peut-être digne d’admiration rien que pour sa virtuosité. C’est donc donner un avant-goût de paix que de lui permettre de se produire sur scène.

3.    La scène musicale comme un espace de fraternité

Nous avons perdu l’habitude de voir les peuples arabes, israéliens et chrétiens ensemble, sans qu’ils ne se déchirent. Or, ces communautés se sont longtemps nourries des mêmes héritages et atmosphères sonores présentes autour de la Méditerranée. Il est donc cohérent de faire jouer sur une même scène des musiciens qui vivent dans cette région du monde. Mais il est beaucoup plus exceptionnel d’en faire un lieu de rassemblement pour recréer des liens qui ont totalement disparu.
Selon les mots de Gandhi : «Vous devez être le changement que vous voulez voir dans le monde». Etre ensemble sur scène est déjà une première image du changement.

4.    La diversité qui s’assemble

Ici la diversité est montrée comme une complémentarité. Sauf pour la dernière chanson, les différents groupe ne jouent pas ensemble mais se succèdent sur scène. Respecter leurs différences, les faire exister tout en les associant, tel était l’objectif de Jean-Yves. Ainsi, à travers les répertoires sacrés ou profanes, les musiques vocales ou instrumentales, les résonances hébraïques, arabes, latines, arméniennes et même la pop, nous voyageons dans l’espace et dans le temps. La diversité des origines permet à chacun de s’enrichir de l’autre.


C.    Le témoignage

Le souhait de ces artistes, à travers leur art, est de dire chez eux et à l’étranger que les terroristes et les chars d’assaut n’auront pas le dernier mot. Le public français, observateur de la tournée, est pris à parti. Devant leurs yeux, sur scène, se dévoile un témoignage qui n’a pas d’autre prétention que de donner un exemple concret de travail en commun, lequel fait naître des liens impossibles en temps « normal ».

S’ils sont artistes, ils sont aussi engagés, loin d’être naïfs, certains d’entre eux ont servi Tsahal ou sont passés par les rangs de l’armée palestinienne. Cela ne les empêche pas de prendre des distances avec leurs expériences de guerre et, par le biais de la musique, de parler de paix.